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Rencontrons-nous !

2 mai 2018 - Non classé

Rencontrons-nous !

Un texte transmis par un de nos adhérents et diffusé lors de notre assemblée générale.

Nous sommes travailleurs et travailleuses de la culture, artistes, techniciens, intellectuels, personnels administratifs, écrivains, éditeurs… Et nous ne pouvons que constater, comme les cheminots, les postiers, les soignants, les migrants, les étudiants, les lycéens… la brutale mise au pas de nos vies par l’entreprise macroniste.

Etre solidaires avec ceux qui luttent, qui résistent, qui manifestent, qui font grève, qui s’exposent aux violences policières c’est partager la même expérience du refus. La brutalité de la police qui s’abat sur
tous les mouvements de révolte, dans nos villes, dans les ZAD ou sur les quartiers doit suffire à elle seule à nous mobiliser contre le projet d’un monde où doivent régner la concurrence et l’hostilité généralisée. Le gouvernement et ses soutiens voudraient nous gouverner par la peur.

Depuis des décennies nous subissons le diktat de l’économie, le démantèlement des formes de solidarité que des anciennes luttes avaient permis d’instaurer. Et pourtant ce qui a lieu aujourd’hui est un
tournant. Il s’agit d’une véritable blitzkrieg. Nous assistons à une offensive tous azimuts qui veut nous laisser exsangues, nous convertir en êtres méfiants, inquiets, nous plonger dans un état de sidération:
des abjectes lois contre les migrants au démantèlement des derniers bastions de résistance syndicale, en passant par la destruction du service public et la normalisation d’une précarité de masse, leur vaste
entreprise de management délirant veut en finir avec toute forme d’expérience de partage et de confiance.

Mais puisque c’est l’essence de nos métiers, nous nous inquiétons également de la menace qui pèse sur notre capacité à imaginer collectivement le monde, à penser en dehors des espaces auxquels on veut nous assigner, à nous rencontrer, dans la rue, dans les lieux de culture ou dans les livres. C’est le même bras qui ordonne aujourd’hui la répression, avec des déluges de grenades de désencerclement, de lacrymogènes et de coups de matraque, qui organise la mise au pas de notre capacité d’imagination. C’est le même bras qui cherche à museler la créativité et les expériences de celles et ceux qui s’organisent ici où là pour agir autrement, pour inventer d’autres formes de vie collective, pour préserver le goût de l’hospitalité, pour tenter de rendre présents des horizons de coopération contre la grande compétition qu’ils prétendent inéluctable dans ce temps accéléré de catastrophe écologique.

Parce que nous sommes de ce mouvement qui refuse ce monde que l’on veut nous imposer et qui cherche coûte que coûte à en susciter un autre, nous participerons à ces luttes avec nos moyens. En accueillant celles et ceux qui veulent résister et se rencontrer. En partageant nos expériences et nos affections. En faisant cause commune avec chaque foyer de résistance, pour que le sensible et l’imaginaire prévalent sur leur rationalité. Nous nous opposons au paysage de suspicion, de séparation et de stigmatisation qu’ils dessinent comme le seul monde possible. Parce que faire culture c’est précisément inventer ensemble le monde dans lequel nous voulons vivre, nous serons présents aux côtés de ceux qui luttent, nous les accueillerons comme nôtres, absolument.

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